Méthodes de lutte alternatives pour protéger les plantes ornementales de leurs ennemis
Avant d'avoir recours aux produits chimiques pour contrôler les ennemis des plantes ornementales, il faut s'assurer d'avoir considéré d'autres options. En effet, il existe diverses méthodes de lutte alternatives qui sont souvent très efficaces tout en étant inoffensives pour la santé des gens et des animaux ainsi que pour l'environnement. Par ailleurs, l'utilisation de bonnes pratiques culturales aide grandement à prévenir l'apparition d'organismes nuisibles pour les végétaux. Parmi ces moyens de lutte alternatifs, notons la prévention et le recours à certaines pratiques culturales, les méthodes de lutte mécaniques (physiques), l'utilisation de produits d'origine végétale, l'établissement de plantes compagnes et la lutte biologique.
Prévention et pratiques culturales
Propreté du milieu
Toute pratique préventive qui réduit la population de ravageurs des plantes constitue un moyen de lutte de base. D'abord, il importe de maintenir la propreté du jardin (plate-bande, rocaille, pots, jardinières, etc.) en éliminant régulièrement les mauvaises herbes et les débris végétaux de toutes sortes (feuilles mortes, mauvaises herbes, résidus de tailles, vieilles bûches, etc.). En effet, certaines plantes nuisibles servent de réservoirs pour la multiplication de virus et plusieurs sont les hôtes de champignons, notamment de ceux qui causent la rouille. De plus, certaines plantes adventives sont des sites pour la multiplication des pucerons, des cicadelles, des thrips, des altises, des cercopes, pour ne nommer que ceux-là.
Parce que plusieurs ennemis des plantes passent l'hiver dans les débris végétaux jonchant le sol, l'élimination des feuilles mortes à l'automne diminue la population de certains ravageurs, notamment les pucerons et la punaise terne, en plus des champignons qui s'activent tôt le printemps. C'est le cas de plusieurs champignons qui attaquent le feuillage, dont ceux appartenant aux genres Alternaria spp., Cercospora spp., et de ceux qui causent le blanc, la tavelure, la rouille, l'anthracnose, etc. De plus, en maintenant la propreté du jardin, on réduit la formation de microclimats favorables au développement d'insectes et de maladies. Ce phénomène est d'ailleurs fréquent l'automne, lorsque les nuits plus froides favorisent l'accumulation d'eau sur les plants.
Finalement, on peut éliminer le risque de sérieuses attaques de ravageurs et de maladies par l'élimination et le brûlage des parties de plants malades et infestées. Il faut alors prendre soin de désinfecter les lames des outils (sécateurs, cisailles, scies, etc.) et ce, entre chaque coupe, avec de l'alcool à 70 % (trempage de deux minutes) ou tout autre produit désinfectant approprié (ex. : solution d'eau de Javel).
Bonne méthode de compostage
Lorsqu'on fabrique du compost, il est important de suivre une bonne méthode qui facilite la décomposition des matériaux, car un compost immature permet à plusieurs micro-organismes de proliférer rapidement et aux insectes, de s'y réfugier pour l'hiver. Il est aussi déconseillé de composter des plants malades ou infestés, car certains propagules (ex. : spores de champignons, graines de mauvaises herbes) sont capables de résister aux températures élevées qui y règnent. Il est également peu efficace de composter à l'automne; cette période de l'année ne favorise pas le compostage immédiat, car les températures optimales nécessaires au processus de décomposition des végétaux ne peuvent être atteintes.
